Un peu d’histoire

Pointe-des-Monts est un ancien hameau établi à proximité du vieux phare érigé en 1829-30. Dans les années qui suivirent, le poste fait figure de chapelle5chef-lieu dans le contexte d’une région pratiquement inhabitée. La population de pêcheurs, de chasseurs de loup marin et de trappeurs amérindiens y culminent vers 1880 pour ensuite s’éteindre progressivement. Après la deuxième guerre mondiale, il ne reste plus que la famille du gardien du phare. Depuis la mise en opération d’un nouveau phare complètement automatisé, plus personne ne réside à Pointe-des-Monts l’hiver; la route n’est même plus déneigée et la nature y reprend son cours millénaire.

Grâce à la vigilance de Jacques et Marie-Berthe Landry, ses derniers gardiens, le Phare de Pointe-des-Monts échappe de peu à la démolition prévue par le ministère fédéral des Transports en 1964. Acquis par le gouvernement du Québec, il est classé monument historique en 1965. Par la suite, on y aménage une riche exposition et le site devient un élément majeur de patrimoine maritime du Québec.

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Voici un extrait du livre: Le phare historique de Pointe-des-Monts et ses gardiens. Québec, Société historique de la Côte-Nord, 1990 p. 63 par FRENETTE, Pierre

“Après la construction du phare de l’île Verte, 21 ans s’écouleront avant de voir naître un second phare, surtout à cause des coûts élevés et des ressources limitées. Ce n’est qu’en 1826 que la Maison de la Trinité planifie la construction d’autres phares. Les sites suivants sont alors retenus: l’Ile-Saint-Paul, la pointe sud-ouest d’Anticosti et la Pointe-des-Monts. John Lambly a été envoyé en vue du choix du site; il «se trompe» et situe la Pointe-des-Monts à deux kilomètres à l’est de la vraie Pointe-des-Monts. Pourquoi ce choix alors qu’il semble que les capitaines consultés auraient préféré un des deux autres sites potentiels? Cette décision peut s’expliquer par «les difficultés de la navigation à cet endroit, la situation de la pointe, et enfin la proximité de baies protégées où les navigateurs cherchaient refuge par mauvais temps»3. Malgré les protestations de William Lampson, un commerçant de fourrures qui avait des droits de chasse sur ce territoire, les travaux de construction débutent en juillet 1829, sous la surveillance de James Chillaz. Ces protestations peuvent expliquer pourquoi monsieur Lambly a décidé de construire le phare sur un îlot plutôt qu’à la vraie pointe. La poursuite des travaux fut menacée lorsqu’un cartographe, monsieur Bayfield, déposa une plainte. Il conteste le choix du site, car l’îlot est trop à l’est de la vraie Pointe-des-Monts. Il soutient que les signaux lumineux doivent être vus par les navires qui passent près des bancs de Manicouagan. Enfin, John Lambly lui-même reconnaît que la plainte est fondée. Toutefois, comme l’emplacement était approprié pour les navires venant de l’est et considérant que les travaux étaient avancés, les arbres de la vraie pointe furent abattus dans le but d’améliorer la vue de cet endroit. Finalement, le phare entra en fonction en septembre 1830. Il aura veillé sur les marins durant 134 ans, jusqu’en décembre 1964. L’ajout de dépendances variées au fil du temps de même que les fonctions remplies par ces dernières ont modelé à leur façon le site du phare. À l’été 1831, un dépôt de provisions pour les naufragés fut construit, vu le nombre impressionnant de naufrages. D’autre part, pendant l’hiver 1846-1847, une vocation religieuse s’est ajoutée à la vocation maritime du phare. En effet, deux Pères s’installent dans la tour: le père Flavien Durocher et le père André Garin. Leur venue est en partie due à la présence de Montagnais à la Pointe durant l’hiver. En 1850, la Maison de la Trinité fait construire une véritable maison sur le côté nord de la tour, parce que l’entrepôt construit par le premier gardien (Wallace) tombait en ruine. Cette construction fut achevée en 1851. Cependant, le gardien de l’époque, Bédard, n’avait pas le droit d’habiter cette maison; elle avait seulement pour fonction de loger les naufragés et d’entreposer les provisions du dépôt. De plus, en 1867, la Maison de la Trinité fait ériger une poudrière pour abriter les réserves de poudre nécessaires au fonctionnement d’un premier canon devant servir de signal sonore pour les navires. Durant la période s’étendant jusqu’à 1872, une grange-étable ainsi que quelques entrepôts se sont ajoutés au décor. Fait marquant à noter en 1889, la maison des naufragés a dorénavant une nouvelle fonction: celle d’abriter le gardien et sa famille. De fait, le dépôt de provisions n’était plus nécessaire, car le télégraphe permettait alors de ramener les naufragés beaucoup plus rapidement. Enfin, un nouveau phare entièrement automatisé fut construit en 1964.”

Les gardiens au phare de Pointe-des-Monts

  • 1830-1844 James Wallace
  • 1844-1867 Zoël Bédard
  • 1867-1872 Paul Pouliot
  • 1872-1889 Louis-F. Fafard
  • 1889-1926 Victor Fafard
  • 1926-1954 Georges Fafard
  • 1954-1959 Sauveur Duguay
  • 1959-1978 Jacques Landry
  • 1978-1983 Roland Boudreault

Voici deux liens pour le livre numérisé de Mne Éliosa Fafard-Lacasse, fille d’un des gardiens du phare, qui raconte son séjour à Pointe-des-Monts.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec PDF

Nos Racines – Les histoires locals du Canada en ligne

Légendes et récits de la côte-nord
Légendes et récits  Côte-nord du Saint-Laurent

Élioza Fafard-Lacasse

Atelier de l’Éclaireur de Montréal, 1937, 131 pages.

 

Voici aussi le lien pour un livre numérisé sur Pointe-des-Monts par Jean-Louis Frenette

LA CHANCE DE VIVRE À POINTE-DES-MONTS – Site mythique de la Côte-Nord du Saint-Laurent maritime